Les éléments clés de cet article (à retenir)
- La couverture maternité des professions de santé libérales varie fortement selon votre caisse : CARMF, CARPIMKO, CIPAV ou CARCDSF ne vous protègent pas de la même façon.
- La Sécurité sociale verse une allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € en 2026 + des indemnités journalières plafonnées à 197,51 €/jour – souvent très loin de votre revenu habituel.
- Les médecins conventionnés secteur 1 ou OPTAM bénéficient d’un Avantage Supplémentaire Maternité (ASM) de 3 100 €/mois – un avantage méconnu et considérable.
- En cas d’arrêt maladie, le délai de carence CARPIMKO est de 90 jours : sans prévoyance complémentaire, c’est trois mois sans revenus.
- Un contrat de prévoyance Madelin bien calibré peut doubler ou tripler les indemnités perçues, et ses cotisations sont déductibles fiscalement jusqu’à 11 534 € par an en 2026.

Une protection sociale à géométrie variable selon votre profession
Contrairement à un salarié dont l’employeur maintient le salaire pendant un arrêt, le professionnel de santé libéral dépend de trois niveaux de protection qui s’empilent – ou ne s’empilent pas.
Niveau 1 : l’Assurance maladie obligatoire (CPAM). C’est le socle commun à tous. Elle verse l’allocation forfaitaire de repos maternel et les indemnités journalières maternité, dans les limites du plafond CPAM.
Niveau 2 : votre caisse de retraite et prévoyance professionnelle. CARPIMKO, CARMF, CIPAV, CARCDSF – chacune a ses propres règles, ses propres montants, ses propres délais de carence. C’est là que les écarts deviennent importants.
Niveau 3 : la prévoyance complémentaire individuelle. Le contrat Madelin prévoyance maternité souscrit auprès d’un assureur. Facultatif, mais souvent indispensable pour maintenir son niveau de vie.
La réalité que nous constatons au quotidien : la plupart des professionnels de santé connaissent le niveau 1, ignorent les spécificités du niveau 2, et n’ont pas encore souscrit le niveau 3. Ce guide est là pour changer ça.
Le congé maternité des professions de santé libérales : les droits de base
Durée du congé maternité
La durée est alignée sur celle des salariées depuis 2019 :
- 1er et 2e enfant : 16 semaines (6 semaines avant + 10 semaines après l’accouchement)
- 3e enfant et plus : 26 semaines
- Jumeaux : 34 semaines minimum ; triplés et plus : 46 semaines
- Congé pathologique prénatal : jusqu’à 30 jours supplémentaires (ou 15 jours avant + 15 jours après)
- Condition impérative : arrêt total d’activité d’au moins 8 semaines, dont 6 après la naissance
Si vous vous arrêtez moins de 8 semaines, vous perdez le droit aux prestations CPAM. C’est une règle souvent ignorée à l’installation.
L’allocation forfaitaire de repos maternel (CPAM)
C’est la prestation de base versée à toutes les professionnelles libérales, quelle que soit leur caisse.
- Montant 2026 : 4 005 € (= 1 PASS mensuel)
- Versement en deux fois : 50 % à la fin du 7e mois de grossesse + 50 % après 8 semaines de cessation d’activité
- Réduit à 400,50 € si le revenu annuel moyen des 3 dernières années est inférieur à 10 % du PASS (soit moins de 4 582 €)
- Condition : être affiliée depuis au moins 6 mois à la Sécurité sociale à la date présumée de l’accouchement
Les indemnités journalières maternité (IJ CPAM)
Ces indemnités journalières complètent l’allocation forfaitaire pendant toute la durée légale du congé.
- Calcul : 1/730e du revenu annuel moyen des 3 dernières années
- Plafond 2026 : il s’agit de 197.51€ / jour (soit environ 5 925€/mois maximum)
- Plancher : 22 €/jour si revenu < 10 % du PASS
- Délai de carence : 3 jours (versement dès le 4e jour)
- Durée : toute la durée légale du congé maternité
⚠️ Mise en perspective chiffrée. Pour une kinésithérapeute gagnant 55 000 €/an, les IJ CPAM représentent environ 75 €/jour, soit 2 260 €/mois. Pour un revenu mensuel habituel de 4 600 €, la perte est de 2 340 €/mois – et ce, pendant 16 semaines. Les indemnités journalières professions de santé couvrent moins de la moitié des revenus réels pour la majorité des praticiens.
Ce que verse votre caisse selon votre profession
CARMF – médecins libéraux : la meilleure protection du secteur
La CARMF est la caisse la mieux dotée en matière de maternité, grâce à un avantage conventionnel unique : l’ASM.
Allocation forfaitaire CPAM : 4 005 € (2026)
IJ maternité CPAM : jusqu’à 197.51€ €/jour
Avantage Supplémentaire Maternité (ASM) – le grand avantage des médecins conventionnés :
- Secteur 1 et secteur 2 OPTAM : 3 100 €/mois d’arrêt, pendant 3 mois maximum à temps plein
- Secteur 2 non-OPTAM : 2 066 €/mois d’arrêt, pendant 3 mois maximum à temps plein
- Modulé au prorata du temps de travail (75 % pour un 3/4 temps, 50 % pour un mi-temps)
- Versé par la CPAM dans le cadre de la convention médicale – attention, les médecins remplaçants n’y ont pas droit
IJ CARMF en cas d’arrêt maladie/accident :
- Versées à partir du 91e jour d’arrêt
- Montant calculé sur 1/730e du revenu annuel moyen (jusqu’à 197,51 €/jour en 2026)
- Durée maximale : 3 ans
| Prestation | Montant | Délai | Durée |
|---|---|---|---|
| Allocation forfaitaire CPAM | 4 005 € | Dès le 7e mois | Versement unique |
| IJ maternité CPAM | Jusqu’à 197,51 €/jour | 3 jours | Durée congé légal |
| ASM secteur 1/OPTAM | 3 100 €/mois | Dès l’arrêt | Max 3 mois |
| ASM secteur 2 non-OPTAM | 2 066 €/mois | Dès l’arrêt | Max 3 mois |
| IJ maladie CARMF | 65,84 à 197,51 €/jour | 91e jour | Jusqu’à 3 ans |
CARPIMKO – infirmiers, kinés, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues
Depuis le 1er janvier 2025, les indemnités journalières maternité CARPIMKO ont été supprimées. Seule la CPAM intervient désormais pour le congé maternité. C’est un changement majeur que beaucoup d’affiliés ignorent encore.
Couverture maternité :
- Allocation forfaitaire CPAM : 4 005 € (2026)
- IJ maternité CPAM : jusqu’à 197,51 €/jour
- IJ maternité CARPIMKO : supprimées depuis le 1er janvier 2025
Couverture arrêt maladie/accident (CARPIMKO) :
- IJ de base : 55,44 €/jour (2026) – montant inchangé depuis 2025
- Délai de carence : 90 jours (versement à partir du 91e jour)
- Durée maximale : 3 ans
- Majoration enfant à charge : +8,06 €/jour
- Majoration tierce personne : +20,16 €/jour
🚨 Alerte CARPIMKO. En cas d’arrêt maladie, un infirmier ou kinésithérapeute libéral ne perçoit rien pendant les 90 premiers jours. La CPAM prend en charge du 4e au 90e jour, mais avec un plafond de 65,84 €/jour. La CARPIMKO ne verse ses indemnités journalières qu’à partir du 91e jour. Sans prévoyance complémentaire, ces trois premiers mois peuvent mettre une trésorerie à genoux.
| Prestation | Montant | Délai | Durée |
|---|---|---|---|
| Allocation forfaitaire CPAM | 4 005 € | Dès le 7e mois | Versement unique |
| IJ maternité CPAM | Jusqu’à 197,51 €/jour | 3 jours | Durée congé légal |
| IJ maternité CARPIMKO | Supprimées depuis 2025 | – | – |
| IJ maladie CARPIMKO | 55,44 €/jour | 91e jour | Max 3 ans |
CIPAV – ostéopathes, psychologues, ergothérapeutes et autres
La CIPAV ne verse aucune indemnité journalière propre, ni pour la maternité ni pour la maladie. Tout passe par la CPAM.
Couverture maternité :
- Allocation forfaitaire CPAM : 4 005 € (2026)
- IJ maternité CPAM : jusqu’à 197,51 €/jour
- Délai de carence : 3 jours
- Condition : être affiliée depuis 6 mois minimum, avoir un revenu > 10 % du PASS
Couverture arrêt maladie (CPAM pour les affiliés CIPAV) :
- IJ CPAM : 26,33 € à 197,51 €/jour selon revenus (2026)
- Délai de carence : 3 jours
- Durée : maximum 360 jours sur 3 ans
La faiblesse majeure : la CIPAV ne complète pas les IJ CPAM. Un ostéopathe ou un psychologue libéral est donc entièrement dépendant de la CPAM, avec des plafonds bas et une durée limitée à 90 jours par arrêt. La prévoyance complémentaire est ici encore plus indispensable qu’ailleurs.
| Prestation | Montant | Délai | Durée |
|---|---|---|---|
| Allocation forfaitaire CPAM | 4 005 € | Dès le 7e mois | Versement unique |
| IJ maternité CPAM | Jusqu’à 197,51 €/jour | 3 jours | Durée congé légal |
| IJ maladie CPAM | 26,33 à 197,51 €/jour | 3 jours | Max 360 jours/3 ans |
| IJ propres CIPAV | Aucune | – | – |
CARCDSF – sages-femmes et chirurgiens-dentistes
La CARCDSF n’indemnise pas au titre du congé maternité classique. Comme pour la CIPAV, c’est la CPAM qui prend en charge les IJ maternité.
En revanche, la CARCDSF verse des IJ maladie significatives à partir du 91e jour d’arrêt – avec un écart notable entre les deux professions :
- Chirurgiens-dentistes : 113,22 €/jour à compter du 91e jour (2026)
- Sages-femmes : 49,70 €/jour à compter du 91e jour (2026)
Les sages-femmes conventionnées bénéficient d’un régime ASV (Avantage Social Vieillesse) mais pas d’un ASM équivalent à celui des médecins. C’est une inégalité que les syndicats dénoncent activement.
| Prestation | Montant | Délai | Durée |
|---|---|---|---|
| Allocation forfaitaire CPAM | 4 005 € | Dès le 7e mois | Versement unique |
| IJ maternité CPAM | Jusqu’à 197,51 €/jour | 3 jours | Durée congé légal |
| IJ maladie CARCDSF (chirurgiens-dentistes) | 113,22 €/jour | 91e jour | Max 3 ans |
| IJ maladie CARCDSF (sages-femmes) | 49,70 €/jour | 91e jour | Max 3 ans |
Tableau comparatif – ce que perçoit chaque profession en cas de maternité
| Profession | Caisse | Allocation forfaitaire | IJ maternité max/jour | ASM ou équivalent | IJ maladie (carence) |
|---|---|---|---|---|---|
| Médecin libéral | CARMF | 4 005 € | jusqu’à 197.51€ | Oui (3 100 €/mois S1) | Variable (91 jours) |
| Infirmier(e) libéral(e) | CARPIMKO | 4 005 € | jusqu’à 197.51€ | Non | 55,44 €/j (91 jours) |
| Kinésithérapeute | CARPIMKO | 4 005 € | jusqu’à 197.51€ | Non | 55,44 €/j (91 jours) |
| Orthophoniste | CARPIMKO | 4 005 € | jusqu’à 197.51€ | Non | 55,44 €/j (91 jours) |
| Sage-femme libérale | CARCDSF | 4 005 € | jusqu’à 197.51€ | Non | 49,70 €/j (91 jours) |
| Ostéopathe | CIPAV | 4 005 € | jusqu’à 197.51€ | Non | Variable (3 jours) |
| Psychologue | CIPAV | 4 005 € | jusqu’à 197.51€ | Non | Variable (3 jours) |
Les montants indiqués sont les plafonds CPAM 2026. Le montant réel dépend de vos revenus des 3 dernières années.

Le cas particulier de la grossesse pathologique
C’est la zone de risque la plus sous-estimée. Et paradoxalement, celle où la prévoyance maternité profession libérale est la plus utile.
Qu’est-ce qu’une grossesse pathologique ?
Une grossesse est dite pathologique dès qu’une complication médicale nécessite un arrêt de travail en dehors du congé légal : prééclampsie, menace d’accouchement prématuré, diabète gestationnel sévère, cerclage, décollement placentaire, etc.
Dans ce cas, la CPAM peut accorder jusqu’à 30 jours de congé prénatal supplémentaire (ou 15 jours avant + 15 jours après). Ces jours sont indemnisés au titre de la maternité, sans délai de carence supplémentaire.
Si l’arrêt dépasse le cadre du congé pathologique légal, il bascule en arrêt maladie – avec les règles de carence qui s’appliquent alors.
Le piège des contrats de prévoyance en cas de grossesse pathologique
C’est le point que nous voyons le plus souvent mal géré. La plupart des contrats de prévoyance comportent un délai de carence spécifique pour la grossesse : entre 6 et 12 mois après la souscription, selon les assureurs.
Concrètement : si vous souscrivez votre prévoyance alors que vous êtes déjà enceinte, ou si vous tombez enceinte dans les 6 mois suivant la souscription, vous ne serez pas couverte pour la grossesse pathologique.
Ce délai de carence grossesse est distinct du délai de carence maladie (généralement 3 mois). Il est souvent noyé dans les conditions générales.
La règle d’or : souscrire sa prévoyance avant d’être enceinte, idéalement dès l’installation.
Délais de franchise et de carence : les différences à connaître
Deux notions souvent confondues, mais qui n’ont pas le même impact :
Le délai de carence est la période après la souscription pendant laquelle certains risques ne sont pas couverts. Exemple : 3 mois pour les maladies, 6 à 12 mois pour la grossesse. Vous cotisez, mais vous n’êtes pas encore protégée.
Le délai de franchise est le nombre de jours d’arrêt non indemnisés avant le déclenchement des IJ. Exemple : avec une franchise de 30 jours et un arrêt de 60 jours, vous n’êtes indemnisée que pour 30 jours.
Impact concret : une infirmière libérale avec une franchise de 30 jours qui s’arrête 45 jours pour grossesse pathologique ne perçoit que 15 jours d’indemnités de sa prévoyance. Choisir une franchise courte (15 jours) coûte plus cher en cotisations, mais protège vraiment.
La prévoyance complémentaire : bonne ou mauvaise couverture ?
Pourquoi la prévoyance est indispensable pour les professions de santé libérales
Les indemnités journalières professions de santé plafonnées à 65,84 €/jour représentent au maximum 1 975 €/mois. Pour un professionnel gagnant 4 500 €/mois, c’est une perte de 2 500 €/mois – pendant toute la durée de l’arrêt.
La prévoyance complémentaire peut porter les IJ jusqu’à 100 % du revenu habituel.
Exemple concret : une kinésithérapeute à 55 000 €/an perçoit 75 €/jour d’IJ CPAM. Avec un contrat de prévoyance libérale maternité couvrant 100 % de ses revenus, elle peut percevoir jusqu’à 152 €/jour, soit environ 4 560 €/mois. La différence est de 2 300 €/mois – et ce, dès le premier jour de franchise.
Les critères d’une bonne couverture prévoyance maternité
Voici ce qu’il faut vérifier avant de signer, dans l’ordre d’importance :
Couverture de la grossesse pathologique : est-elle incluse ou exclue ? Quel est le délai de carence spécifique ?
Délai de franchise : 15 jours, 30 jours, 60 jours, 90 jours ? Plus il est court, mieux vous êtes protégée. Une franchise de 90 jours est quasi-inutile pour un arrêt court.
Montant des IJ : exprimé en pourcentage du revenu ou en montant fixe ? Le pourcentage du revenu est bien meilleur : il s’adapte à l’évolution de vos honoraires.
Plafond des IJ : y a-t-il un plafond qui limite l’indemnisation même si votre revenu augmente ?
Durée d’indemnisation : 1 an, 3 ans, jusqu’à 65 ans ? Pour les arrêts longs, la durée est déterminante.
Indexation : les IJ sont-elles revalorisées chaque année ?
Définition de l’invalidité : partielle ou totale ? Selon votre métier spécifique ou tout métier ? Un contrat qui indemnise l’invalidité « toutes professions » peut refuser de vous indemniser si vous ne pouvez plus exercer votre spécialité mais pouvez théoriquement faire un autre travail.
Forfait naissance : certains contrats versent 1 000 à 2 000 € à la naissance. C’est un argument marketing. Ce n’est pas une vraie garantie de fond.
Les pièges des mauvaises couvertures
Délai de carence grossesse de 12 mois : vous souscrivez, vous tombez enceinte 6 mois après – pas couverte.
Franchise de 90 jours : en cas d’arrêt court (moins de 90 jours), vous ne percevez rien de votre prévoyance.
IJ en montant fixe non indexé : votre revenu augmente au fil des années, votre couverture reste figée à la valeur de souscription.
Exclusion de la grossesse pathologique : le risque le plus fréquent, le moins bien couvert dans les contrats d’entrée de gamme.
Définition de l’invalidité « toutes professions » : si vous ne pouvez plus exercer votre spécialité mais pouvez faire un autre travail – pas d’indemnisation.
Contrats bancaires ou en ligne sans accompagnement : souvent moins bien calibrés que les contrats Madelin souscrits via un courtier spécialisé qui compare le marché.
La déductibilité fiscale des cotisations de prévoyance (loi Madelin)
Le contrat Madelin prévoyance maternité n’est pas seulement une protection : c’est aussi un outil fiscal.
Les cotisations de prévoyance Madelin sont déductibles du revenu imposable dans les limites suivantes (2026) :
- 3,75 % du revenu professionnel + 7 % du PASS, dans la limite de 3 % de 8 PASS
- Plafond maximum 2026 : 11 534 € de cotisations déductibles
Exemple concret : un kinésithérapeute à 30 % de TMI qui cotise 3 000 €/an de prévoyance réalise une économie fiscale de 900 €/an. Le coût réel de sa protection est donc de 2 100 €/an, soit 175 €/mois.
Condition : exercer en BNC ou BIC, en exercice libéral.
Stratégie recommandée selon votre profil
Vous venez de vous installer (moins de 2 ans d’exercice)
C’est la période la plus risquée, et souvent celle où la prévoyance est absente.
- Priorité absolue : souscrire une prévoyance avant d’être enceinte pour respecter le délai de carence grossesse
- Choisir une franchise courte (15 à 30 jours) même si la cotisation est un peu plus élevée
- Vérifier que la grossesse pathologique est couverte sans exclusion
- Budget indicatif : 100 à 300 €/mois selon la profession et le niveau de couverture
Vous êtes en milieu de carrière (2 à 15 ans d’exercice)
- Vérifier votre contrat actuel : est-il adapté à votre revenu actuel ? Les IJ en montant fixe souscrites à l’installation peuvent être sous-calibrées 5 ans plus tard
- Vérifier la définition de l’invalidité (votre spécialité ou toutes professions ?)
- Envisager une révision ou une complémentaire si votre couverture actuelle est insuffisante
Vous êtes médecin conventionné secteur 1 ou OPTAM
- Vous bénéficiez déjà de l’ASM (3 100 €/mois) – un avantage considérable que beaucoup de consœurs ignorent
- La prévoyance complémentaire reste utile pour les arrêts maladie longs, notamment pour couvrir la période des 90 premiers jours (délai de carence CARMF) où seule la CPAM intervient
- Vérifier que votre contrat couvre bien cette fenêtre critique du 4e au 90e jour
FAQ – Questions fréquentes sur la maternité et l’arrêt de travail des professions de santé libérales
Ai-je droit au congé maternité en tant que professionnelle de santé libérale ?
Oui, sans exception. Toutes les professionnelles libérales ont droit au congé maternité depuis la réforme de 2019, avec une durée alignée sur celle des salariées : 16 semaines pour un 1er ou 2e enfant, 26 semaines pour le 3e enfant et plus. La condition est d’être affiliée depuis au moins 6 mois à la Sécurité sociale et de cesser toute activité pendant au moins 8 semaines.
Combien vais-je toucher pendant mon congé maternité en tant qu'infirmière libérale ?
En 2026, les indemnités maternité infirmière libérale se composent de : l’allocation forfaitaire CPAM de 4 005 €, versée en deux fois, et des IJ CPAM calculées sur 1/730e de votre revenu annuel moyen des 3 dernières années, plafonnées à 197,51 €/jour. Les IJ maternité CARPIMKO ont été supprimées depuis janvier 2025. Pour une infirmière gagnant 45 000 €/an, les IJ CPAM représentent environ 62 €/jour, soit 1 860 €/mois – pour un revenu habituel de 3 750 €/mois.
Que se passe-t-il si j'ai une grossesse pathologique ?
La CPAM peut accorder jusqu’à 30 jours de congé prénatal supplémentaire, indemnisés au titre de la maternité sans délai de carence. Si l’arrêt dépasse ce cadre, il bascule en arrêt maladie. C’est là que votre prévoyance complémentaire intervient – à condition que vous l’ayez souscrite avant la grossesse et que le délai de carence spécifique soit respecté.
Pendant combien de temps puis-je être indemnisée en cas d'arrêt maladie ?
Cela dépend de votre caisse. La CPAM indemnise du 4e au 90e jour (87 jours maximum par arrêt, 360 jours sur 3 ans). La CARPIMKO prend le relais à partir du 91e jour, jusqu’à 3 ans. La CARCDSF intervient également à partir du 91e jour. La CIPAV ne verse rien : seule la CPAM intervient, avec la limite de 360 jours sur 3 ans. Au-delà, c’est votre prévoyance complémentaire qui prend le relais.
La prévoyance couvre-t-elle la grossesse pathologique ?
Ça dépend du contrat. Beaucoup de contrats couvrent la grossesse pathologique, mais avec un délai de carence spécifique de 6 à 12 mois après la souscription. Certains l’excluent totalement ou exigent une hospitalisation. Il faut lire les conditions générales, pas seulement la plaquette commerciale. C’est précisément ce que nous analysons pour vous lors d’un audit de couverture.
Puis-je souscrire une prévoyance pendant ma grossesse ?
Techniquement oui, mais vous ne serez pas couverte pour la grossesse en cours. Le délai de carence spécifique (6 à 12 mois) s’applique dès la souscription. Souscrire enceinte, c’est se protéger pour la prochaine grossesse, pas pour celle-ci. La règle est simple : souscrire avant d’être enceinte.
Les cotisations de prévoyance sont-elles déductibles des impôts ?
Oui, dans le cadre de la loi Madelin. Les cotisations d’un contrat Madelin prévoyance maternité sont déductibles du revenu professionnel imposable, dans la limite de 3,75 % du revenu + 7 % du PASS, plafonnée à 3 % de 8 PASS (soit 11 534 € maximum en 2026). Pour un professionnel à 30 % de TMI qui cotise 2 400 €/an, l’économie fiscale est de 720 €/an.
Quelle est la différence entre délai de carence et délai de franchise ?
Le délai de carence est la période après la souscription pendant laquelle le risque n’est pas couvert (ex : 6 mois pour la grossesse). Le délai de franchise est le nombre de jours d’arrêt non indemnisés avant le déclenchement des IJ (ex : 30 jours). Ces deux délais s’appliquent indépendamment l’un de l’autre. Un contrat peut avoir une carence de 3 mois et une franchise de 15 jours : si vous vous arrêtez 4 mois après la souscription, la carence est respectée, mais les 15 premiers jours d’arrêt restent à votre charge.
Sources utiles
- ameli.fr – Prestations maternité des travailleuses indépendantes
- urssaf.fr – Droits des indépendants en congé maternité
- carpimko.com – Prestations incapacité et invalidité
- carmf.fr – Dépliant maternité et paternité des médecins libéraux
- carcdsf.fr – Indemnités journalières chirurgiens-dentistes et sages-femmes
- lacipav.fr – Dispositif indemnités journalières
- service-public.fr – Congé maternité des travailleurs indépendants
- impots.gouv.fr – Déduction des cotisations Madelin



